mardi 20 juin 2017

6mm: ouverture de boîte "Combat Command GHQ"


Non, le père Noël n'est pas toujours une ordure, la preuve, il m'a déposé ce matin la commande passée dernièrement chez GHQ: 2 sets d'armées, sobrement appelés "Combat Command" par ce fabricant.

Aussi, je profite de l'occasion pour vous présenter ces modèles.
J'ai donc commandé 2 boîtes:
- un détachement de la Bundeswehr



- un détachement soviétique



A la réception, voici à quoi on a droit: une boîte assez grande avec à l'intérieur, une petite boîte en plastique (qui prend 50% de la place), et un bloc de mousse pour la caler.
Pourquoi une boite si grande ? Je ne sais pas, peut-être parce qu'ils ont ce format en stock et que ça leur coûterait plus cher de changer de boitage ?



Toujours est-il qu'on peut mettre 2 boîtes d'armée dans un carton:


Lorsqu'on ouvre sa boîte plastique, on trouve les modèles en vrac dans des sachets plastiques qui reposent sur un bloc de mousse.
Ce dernier est plutôt intéressant car il est prédécoupé et permet de ranger ses modèles réduits. Cette boîte peut donc servir au stockage et au transport de votre armée (personnellement, j'ai fait un autre choix mais ces boîtes me seront tout de même utiles...).


Une fois les sachets ouverts, on se retrouve avec tout un tas de pièces...

Le set allemand
Le set russe
La gravure des véhicules est remarquable pour cette échelle, et même si la gamme GHQ est connue pour être plus chère que ses concurrents, c'est vraiment du très bon.

Là où le bât blesse, et c'est en ce qui me concerne le seul défaut, c'est que les pièces les plus fines sont quasiment toutes tordues en sortie de boîte, comme vous pouvez le voir sur les photos suivantes.

Les 3 LUCHS et leurs tourelles...

Même sanction pour les BMP2...
Après, rien de grave à tout cela car le métal blanc se détord très facilement.
Mais on verra tout cela une autre fois...

A bientôt les amis !...

samedi 17 juin 2017

6mm: soclage des véhicules

Encore un article rapide vous présenter en quelques photos le soclage de mes véhicules en 6mm.

Comme je vous l'ai expliqué précédemment, je socle mes véhicules sur des bases métalliques de 40x20 mm.


Pour texturer mes socles, voici ce que j'utilise:
- de la pâte à texturer "FX018 terre sombre" de chez Prince August
- 2 tubes de peinture acrylique de base, achetée en papeterie: ombre brulée, pour la base, et sienne naturelle pour le brossage
- de l'herbe "grass green" de chez Army painter



Le processus est très simple:
- j'applique la pâte à texturer en utilisant un bout de carte plastique comme truelle
- une fois celle-ci sèche (je laisse passer la nuit, je ne suis pas pressé), je peints avec la teinte ombre brûlée
- une fois cette couche sèche, je brosse avec la teinte plus claire



Vous pouvez varier les couleurs en fonction du théâtre que vous souhaitez jouer.
Pour mon M1 Abrams, j'ai utilisé la teinte sienne naturelle comme couche de base, et j'ai brossé avec du "sand yellow" de chez Vallejo Air.


Une fois la peinture sèche, je colle l'herbe à la colle blanche.
J'adore le rendu de ce produit d'Army painter : l'herbe rend vraiment bien à cette échelle, comme vous pouvez le voir ci-dessous.


Les socles sont terminés, je n'ai plus qu'à coller mes véhicules dessus à l'aide de super glu pour disposer d'un peloton de Leclerc prêts à aller au combat...


Je vous livre une petite astuce pour me permettre de repérer les véhicules appartenant à une même formation.
Lorsque je colle l'herbe sur le socle, je me débrouille pour "marquer" un coin avec une zone herbeuse.
Sur la photo ci-dessous, tous les socles ont cette petite zone d'herbe dan le coin avant gauche.


Si je souhaite présenter un second peloton de Leclerc, je positionnerai cette zone dans un autre coin du socle. J'aime bien cette méthode qui reste simple et totalement transparente...

A très bientôt !

vendredi 16 juin 2017

Le mal jaune

Avec la préparation de la V2 de "Croire et Oser", voilà que je rechute dans le mal jaune...
Du coup, je me dois d'avancer un peu côté décors pour disposer d'une table indochinoise correcte !
Heureusement pour moi, j'ai croisé dernièrement la route du rayon aquariophilie d'un supermarché.

Du coup, cela m'a permis d'étoffer un peu ma végétation tropicale...

Voici la totalité de mon stock...

Au premier plan, une bambouseraie en cours de réalisation

Sauras-tu retrouver Bouddha ?
C'est tout pour aujourd'hui les amis !

mercredi 14 juin 2017

Let's talk about six...

Bonjour à tous !
Aujourd'hui, nous n'allons pas parler de ce groupe pop des années 80 dans lequel un trio de filles chantaient leur désir de parler de leurs envies, que nenni !




L'article du jour est consacré à l'échelle du 1/300, vulgairement appelée "6mm", d'où le titre de cet article !    (il faut vraiment tout vous expliquer...)

Comme je vous l'annonçais dans un précédent article, je me suis tourné vers le 6mm pour jouer des combats terrestres dans l'univers de starwars mais, comme marabouté, je me suis soudainement réveillé avec l'envie d'utiliser cette échelle pour jouer des combats modernes.

Ni une ni deux, me voilà commandant quelques figurines chez GHQ (une référence, soi dit en passant) afin de me faire une idée puis, conquis par le produit, j'ai réitéré ("Oups ! I did it again...", c'est cela Britney, mais arrête de m'interrompre et retourne jouer à la poupée sur la voie express).
Donc, disais-je, j'ai remis ça en passant commande de plusieurs véhicules chez Heroics & Ros, un autre fabricant.

1/ Quelles différences entre ces 2 fabricants ?

Le prix, tout d'abord, puisque GHQ est clairement plus cher.

La qualité de gravure, ensuite, qui est (heureusement) meilleure chez GHQ, mais la qualité se paye... Elle est variable chez H&R car si les Leclerc sont plutôt corrects, les VAB et les AMX10RC sont clairement moches (je n'ai même pas osé les prendre en photo, c'est dire !...).

H&R vous donne la possibilité d'acheter à l'unité quasiment tous les modèles alors que GHQ ne vend que des packs de 4 ou 5 véhicules.

Pour toutes ces raisons, il est difficile de dire quelle gamme est meilleure, d'autant que la qualité est variable chez H&R. C'est vraiment à chacun de se faire un avis, sachant que les 2 gammes sont totalement compatibles et que l'on trouve chez l'un des références que l'autre n'a pas...

Il existe évidemment tout un tas d'autres fabricants, mais je ne les ai pas testés.

T90 GHQ et Leclerc H&R (soclage temporaire)

2/ La mise en peinture :

Un des intérêts majeurs dans le 6mm, c'est la facilité et la rapidité à laquelle on peint un véhicule...
Une sous-couche à la peinture enamel humbrol, une couche de teinte de base, un coup de lavis et hop, emballez c'est pesé ! Et ce pour un résultat plus qu'honorable, jugez vous-mêmes...

M1 Abrams accompagné d'un Challenger
Côté figurines, par contre, ce n'est pas une partie de plaisir !
C'est vraiment minuscule et je pense qu'il faudra carrément exagérer les teintes pour distinguer quoi que ce soit. La bonne nouvelle, c'est que je ne vais pas trop me faire suer avec le camouflage: une teinte de base, un éclaircissement, un coup sur les armes, trois gouttes de chair pour le visage et les mains et le tour est joué !

3/ Aimants et tourelles :

Ne désirant pas coller mes tourelles, ni utiliser de patafix, j'ai décidé d'aimanter mes tourelles afin de pouvoir les pivoter comme je souhaite, au gré de la menace !...

Là encore, c'est une étape très facile dès lors que vous disposez des aimants idoines.
Pour ma part, je m'approvisionne chez super magnete, une boutique en ligne qui offre un très large choix et qui, parfois, vous rajoute quelques trucs à votre commande (ça fait toujours plaisir n'est-ce pas ?).

Donc, pour aimanter votre tourelle, il vous suffit de suivre les étapes suivantes:
- coller un aimant assez puissant entre les chenilles (j'utilise généralement un aimant de 2 ou 3mm de diamètre) 
- couper pour raccourcir l'axe de la tourelle et poncer un peu
- coller un petit aimant (j'utilise ceux de 1mm de diamètre)


Il faut juste faire attention au sens des aimants, sous peine de voir vos tourelles bondir en l'air si vous inversez les pôles...

Vue d'en dessous d'un Leclerc, un M163 Vulcan et un Marder Roland
Pour ce faire, j'utilise comme détrompeur un gros aimant, qui me permet de coller tous les aimants de caisse dans le bon sens.
Comme les aimants de tourelle sont capricieux et tournent très facilement entre mes gros doigts boudinés, j'en ai pris le parti et les colle dans le sens qu'ils souhaitent.
Une fois la colle sèche, je décolle et recolle ceux qui sont dans le mauvais sens.
C'est une solution qui manque de finesse, je vous l'accorde, mais je n'y passe pas des heures !...

4/ Le soclage :

Là encore, j'ai décidé de ne pas me faire suer et je suis allé au plus simple du côté des socles.
J'ai passé commande chez "Products for wargamers" (ça ne s'invente pas un nom comme ça !) et je me suis retrouvé avec:
- 100 socles métalliques de 40x20 mm : destinés à mes véhicules
- 100 socles métalliques de 20x20mm : destinés aux petites équipes d'infanterie

2 socles de 40x20 en cours de réalisation

"Et les fantassins ?" me demanderons ceux qui suivent encore...
La solution est venue des petits commerçants de mon voisinage, qui font leur pub à l'aide de magnettes à frigo. Petit à petit, j'ai littéralement pillé les échoppes de mon quartier et me trouve en possession d'une centaine de plaques aimantées.

Un bref passage sous l'eau chaude permet de retirer la publicité et, après quelques coups de cuter, je sors 2 socles de 30x20mm par magnette ! Ce qui est le juste compromis pour mettre 4 ou 5 figurines, avec éventuellement un petit bout de décor. 

Le dessous d'un groupe de fantassins

J'ai fait un premier test à la va-vite, sans finir mes fantassins, afin de tester le flocage dont je dispose.
Or, je ne suis pas convaincu du résultat car je le trouve trop grossier. Du coup je vais utiliser celui qui m'a servi à socler les véhicules et qui a un meilleur fini.

Ma plaquette test

Le flocage de mes véhicules...
Je suis sûr que vous vous demandez pourquoi j'ai choisi de socler mes unités sur des bases métalliques ou aimantées, alors qu'il existe tout un tas de solutions bien plus pratiques comme la carte plastique ou le MDF.
La réponse est dans la dernière partie de l'article...

5/ Le stockage et le transport des figurines:

Il se trouve que je dispose de quelques boites métalliques qui conviennent parfaitement au transport de figurines.
J'aurais pu simplement aimanter mes socles afin de transporter mes figurines en toute quiétude, mais une des qualités de ces socles métalliques est qu'ils sont extrêmement fins (0.5mm), ce qui est vraiment appréciable sur une table de jeu. Or cette qualité se révèle être un inconvénient lorsque l'on souhaite attraper des unités sans risquer d'arracher les unités de leur socle.


Voyez l'épaisseur du socle...
J'ai alors décidé d'utiliser une partie des aimants que j'ai en stock pour m'en servir de supports aimantés:
- l'aimant adhère à la boite métallique
- le socle adhère à l'aimant mais il est surélevé par rapport au fond de la boite, ce qui facilite la préhension


L'avantage de ce système est qu'il est totalement modulaire, et que vous pouvez même utiliser les parois et le couvercle de votre boîte.
De plus, l'aimant fonctionne également très bien avec les socles aimantés de l'infanterie.

J'ai testé ma boîte en la secouant ou la retournant, tout est resté en place !



dimanche 21 mai 2017

[Epic starwars] Les rebelles envoient du lourd !



Je vous ai déjà parlé d'un de mes projets: jouer des batailles terrestres dans l'univers de Starwars.

Si les films de la saga ont tendance à montrer une rébellion aux abois, pourchassée par l'Empire, les connaisseurs de l'Univers Etendu savent bien que l'Alliance Rebelle a su livrer des batailles de haute intensité, lorsque le rapport de force était en sa faveur ou que les objectifs étaient suffisamment importants pour justifier les pertes.

Or, pour être en mesure d'affronter l'Empire, ma force rebelle ne pouvait se contenter d'une flotte de véhicules antigravs. Je souhaitais leur donner un véhicule lourd, capable de rivaliser avec les ATAT des troupes de choc de l'Empire...

ATAT - Base Echo - Planète HOTH

Or, il se trouve qu'il y a quelques mois de cela, je suis tombé sur un modèle très intéressant chez Khurasan Miniatures, un petit fabricant britannique qui dispose d'une gamme étendue en SF 15mm.

Après quelques jours d'attente, le temps pour le colis de parcourir les quelques milliers de kilomètres qui me séparent du producteur, je réceptionne un petit colis contenant les pièces suivantes:

Voici les pièces directement sorties de la boîte

Comme vous pouvez le voir, il n'y a rien de très difficile côté assemblage.
Je dois également souligner la qualité du modèle, qui n'a nécessité aucun travail d'ébarbage, même sur les pièces en métal blanc.
Seules certaines roues présentaient une trace de moulage, facilement enlevées au X-acto.
Sinon, aucune bulle, aucune pièce tordue, rien !

L'assemblage m'a pris très peu de temps, compte tenu du faible nombre de pièces.
J'ai profité du temps de séchage de la colle pour aimanter les 2 tourelles, celle du toit et la tourelle sous le nez...
Comme vous pouvez le voir, cet iguane en 15mm a fière allure au milieu de ces troupes en 6mm.


Il est à noter qu'il est possible de positionner différemment chaque train de roulement, un peu comme un 4x4 en franchissement:



Voici une petite photo afin de comparer les gabarits entre l'iguane et l'ATAT.


Mais, me direz-vous, que vient faire ce véhicule dans l'univers starwars ?
J'ai décidé d'en faire un proxy du vénérable Juggernaut, dont vous avez une photo ci-dessous:


Si vous souhaitez en savoir plus sur le juggernaut, vous pouvez aller jeter un oeil ici.

Pour conclure cet article, une dernière photo de mon iguane sous-couché.


Une fois peint, il pourra rejoindre le 3ème Bataillon du Rebel Expeditionnary Corps, un corps expéditionnaire qui a pour vocation à intervenir de manière autonome dans les secteurs où le haut commandement de l'Alliance Rebelle souhaite peser sur le terrain...

Si vous souhaitez vous procurer cet engin, rendez-vous ici.

dimanche 7 mai 2017

8 mai 1945 : un poème pour se souvenir...

En ce jour anniversaire de la chute ducamp de Dien Bien Phu, et à la veille de l'anniversaire de l'armistice du 8 mai 1945, je vous livre ce poème, bien connu de nos amis légionnaires, écit par le Capitaine de BORELLI.

Il est étonnant de constater combien ces mots gardent toute leur pertinence près de 150 ans plus tard...


Capitaine de Borelli, officier de la Légion : « A mes hommes qui sont morts, et particulièrement à la mémoire de Tiebald Streibler, qui m’a donné sa vie le 3 mars 1885 ».


Mes compagnons, c’est moi ; mes bonnes gens de guerre,
C’est votre Chef d’hier qui vient parler ici
De ce qu’on ne sait pas, ou que l’on ne sait guère ;
Mes Morts, je vous salue et je vous dis : Merci.

Il serait temps qu’en France on se prît de vergogne
A connaître aussi mal la vieille Légion
De qui, pour l’avoir vue à sa rude besogne
J’ai la très grande amour et la religion.

Or, écoutez ceci : « Déserteurs ! Mercenaires ! »
« Ramassis d’Etrangers sans honneur et sans foi ! »
C’est de vous qu’il s’agit, de vous, Légionnaires !
Ayez-en le cœur net, et demandez pourquoi ?

Sans honneur ? Ah ! passons ! Et sans foi ? Qu’est-ce à dire,
Que fallait-il de plus et qu’aurait-on voulu ?
N’avez-vous pas tenu, tenu jusqu’au martyre,
La parole donnée et le marché conclu ?

Mercenaires ? sans doute : il faut manger pour vivre ;
Déserteurs ? Est-ce à nous de faire ce procès ?
Etrangers ? Soit. Après ? Selon quel nouveau livre
Le maréchal de Saxe était-il donc Français ?

Et quand donc les Français voudront-ils bien entendre
Que la guerre se fait dent pour dent, œil pour œil
Et que des Etrangers qui sont morts, à tout prendre,
Chaque fois, en mourant, leur épargnaient un deuil.

Aussi bien c’est assez d’inutile colère,
Vous n’avez pas besoin d’être tant défendus ;
Voici le Fleuve Rouge et la Rivière Claire
Et je parle à vous seuls de vous que j’ai perdus !

Jamais garde de Roi, d’Empereur, d’Autocrate,
De Pape ou de Sultan, jamais nul Régiment
Chamarré d’or, drapé d’azur ou d’écarlate,
N’allez d’un air plus mâle et plus superbement.

Vous aviez des bras forts et des tailles bien prises,
Qui faisaient mieux valoir vos hardes en lambeaux ;
Et je rajeunissais à voir vos barbes grises,
Et je tressaillais d’aise à vous trouver si beaux.

Votre allure était simple et jamais théâtrale ;
Mais, le moment venu, ce qu’il eût fallu voir,
C’était votre façon hautaine et magistrale
D’aborder le « Céleste » ou de le recevoir.

On fait des songes fous, parfois, quand on chemine,
Et je me surprenais en moi-même à penser,
Devant ce style à part et cette grand mine
Par où nous pourrions bien ne pas pouvoir passer ?

J’étais si sûr de vous ! Et puis, s’il faut tout dire,
Nous nous étions compris : aussi de temps en temps,
Quand je vous regardais vous aviez un sourire,
Et moi je souriais de vous sentir contents.

Vous aimiez, troupe rude et sans pédanterie,
Les hommes de plein air et non les professeurs ;
Et l’on mettait, mon Dieu, de la coquetterie
A faire de son mieux, vous sachant connaisseurs.

Mais vous disiez alors : « La chose nous regarde,
Nous nous passerons bien d’exemples superflus ;
Ordonnez seulement, et prenez un peu garde,
On vous attend … et nous on ne nous attend plus ! »

Et je voyais glisser sous votre front austère
Comme un clin d’œil ami doucement aiguisé,
Car vous aviez souvent épié le mystère
D’une lettre relue ou d’un portait baisé.

N’ayant à vous ni nom, ni foyer, ni Patrie
Rien où mettre l’orgueil de votre sang versé,
Humble renoncement, pure chevalerie,
C’était dans votre chef que vous l’aviez placé.

Anonymes héros, nonchalants d’espérance,
Vous vouliez, n’est-ce pas, qu’à l’heure du retour,
Quand il mettrait le pied sur la terre de France,
Ayant un brin de gloire, il eût un peu d’amour.

Quant à savoir si tout s’est passé de la sorte,
Et si vous n’êtes pas restés pour rien là-bas,
Si vous n’êtes pas morts pour une chose morte,
O mes pauvres amis, ne le demandez pas !

Dormez dans la grandeur de votre sacrifice,
Dormez que nul regret ne vienne vous hanter ;
Dormez dans cette paix large et libératrice
Où ma pensée en deuil ira vous visiter !

Je sais où retrouver, à la suprême étape
Tous ceux dont la grande herbe a bu le sang vermeil,
Et tous ceux qu’ont engloutis les pièges de la sape,
Et tous ceux qu’ont dévorés la fièvre et le soleil ;

Et ma pitié fidèle, au souvenir unie,
Va du vieux Wunderli qui tomba le premier
Et suivant une longue et rouge litanie
Jusqu’à toi, mon Streibler, qu’on tua le dernier !

D’ici je vous revois, rangés à fleur de terre
Dans la fosse hâtive où je vous ai laissés,
Rigides, revêtus de vos habits de guerre
Et d’étranges linceuls faits de roseaux tressés.

Les survivants ont dit – et j’ai servi de prêtre !
L’adieu du camarade à votre corps meurtri ;
Certain geste fut fait bien gauchement peut-être,
Pourtant je ne crois pas que personne en ait ri !

Mais quelqu’un vous prenait dans sa gloire étoilée
Et vous montrait d’en haut ceux qui priaient en bas,
Quand je disais pour tous, d’une voix étranglée,
Le Pater et l’Ave – que tous ne savaient pas !

Compagnons, j’ai voulu vous parler de ces choses,
Et dire en quatre mots pourquoi je vous aimais :
Lorsque l’oubli se creuse au long des tombes closes,
Je veillerai du moins et n’oublierai jamais.

Si parfois, dans la jungle où le tigre vous frôle
Et que n’ébranle plus le recul du canon,
Il vous semble qu’un doigt se pose à votre épaule,
Si vous croyez entendre appeler votre nom.

Soldats qui reposez sous la terre lointaine,
Et dont le sang me laisse des remords,
Dites-vous simplement : « C’est notre Capitaine
Qui se souvient se nous … et qui compte ses Morts. »